Platane - quand "Extras" rencontre "Mon comeback".

Publié le par cestcequedisaientlesnazis

Aujourd'hui, un article sur "La création sitcom originale" du moment sur Canal +, "La chaine de créa originale" la plus créative du PAF.

Ouais, je sais, un peu de sarcasme pour commencer, mais bon, je commence à en avoir marre des effets d'annonce à rallonge de C+ qui s'est octroyé le bon goût de d'innovation télévisuelle.

Après, c'est vrai qu'il y a du contenu qui sort de chez eux : Braquo, Maison Close, Bref, Borgia (à ne pas confondre avec The Borgias), La Chanson du dimanche et Platane.

 

Alors est-ce que quantité rime avec qualité? C'est un autre débat.

 

Là, on va disséquer "Platane", série co-crée, co-écrite, co-produite et co-réalisée par Eric Judor (le fameux Eric d'Eric et Ramzy) qui passe à co-té d'une bonne idée.

 

Le pitch :

 

"Après un an de coma, et alors que son camarade Ramzy triomphe dans HP (la suite de H), Eric, légèrement amer et encore embrumé, a une révélation : il va se lancer dans le cinéma d'auteur et prouver qu'il peut faire un film sérieux, profond et émouvant. Malgré le scepticisme général, il décide d'écrire la suite de « La Môme » : « La Môme 2.0 Next Generation »."

 

Eric joue son propre rôle dans une réalité plus ou moins alternative où toutes les "guest star" qui viennent jouer dans la série jouent eux aussi leurs rôles : Monica Bellucci joue Monica Bellucci, Vincent Cassel joue Vincent Cassel, etc... . Par contre, les seconds rôles eux sont de vrais personnages, ce qui est assez étrange, mais passons.

Le gros problème de "Platane" c'est justement ce côté "borderline", entre fiction réelle et réalité fictionnée.

Judor Eric joue Eric Judor mais en beaucoup plus bête, à la limite du gros gland qui foire dès qu'il réussit. Et ça, systématiquement, à tous les épisodes, ce qui, vous en conviendrez n'est plus étonnant dès l'épisode 4 (allez 5, si l'on est bien luné) : y a 12 épisodes...

 

Et pour en revenir au titre de l'article, j'ai trouvé des similitudes plus que troublantes entre la "créa originale " de Canal et 2 autres séries anglo-saxonnes diffusées bien avant : "Extras" et "Mon comeback".

 

La 1ère narre les pérégrinations de Andy Millman, acteur anglais abonné à la figuration d'arrière-plan et qui rêve de percer à l'écran, à tout prix. Quitte à se rendre ridicule et à vendre père et mère pour devenir célèbre.

 

La recette d'"Extras" : 

- 2 saisons de 6 épisodes (22 min) chacune + 1 épisode spécial d'1h30.

- 1 guest-star de luxe par épisode (Orlandom Bloom, Daniel Ratcliff, Kate Winslet, Robert de Niro...) qui joue son propre rôle.

- 1 personnage principal prêt à tout, qui se fout dans les situations génantes à longueur d'épisode.

- à chaque épisode, la mise en image d'une scène du film dans lequel Andy Millman vient de faire de la figuration.

- la mise en valeur de la chaine qui diffuse la série.

- des situations grinçantes, souvent à la limite du malaise pour le spectateur.

- une caricature acerbe de l'obsession maladive de  la réussite et de la gloire.

 

Quant à "Mon comeback", nous suivons Valerie Cherish, ancienne célébrité du petit écran américain qui tente de retrouver une place sous les projecteurs. Pour cela, elle participe à une émission de télé-réalité, "The Comeback" (titre original de la série en passant) qui suit son quotidien, des plateaux de sitcoms à la chambre à coucher.

 

La recette de "Mon comeback" : 

-13 épisodes de 40 min chacun.

-Lisa Kudrow joue Valerie Cherish, son avatar plus ou moins assumé. (Kudrow essaye tant bien que mal de retrouver le succès depuis la fin de "Friends" en 2004).

- une caméra portée, très proche des sujets, presque intrusive.

- une ex-star comique qui veut briller à nouveau.

 

 

Mixez les 2, beurrez d'une bonne dose de "french touch" (on remplace HBO, BBC par Canal +, TF1, Europacorp), laissez reposer quelques années, faîtes cuire sur Canal +. Hum, la bonne "Créa originale" au bon goût de réchauffé...

 

Certes, "Platane" a quand même de quoi faire sourire, voire rire quand Eric fait feu de tout bois et nous montre les scènes de "La Môme 2.0" (chouettes parodies des films américains "too much") mais globalement, c'est trop gros pour être crédible. Les situations rocambolesques s'enchainent, les gags s'enfilent pour finir sur une chute plus ou moins téléphonée : Eric va foirer ce qu'il a entrepris, juste ce qu'il faut pour ne pas détruire l'arc scénaristique principal de la série. Ouais, je sais, "arc scénaristique", ça fait toujours bien.

Bref, les épisodes passent et se ressemblent, on change les guest et on recommence.

Quant au bouquet final de la saison, on reste sur un goût d'inachevé.

 

J'aime assez l'idée de l'anti-héros qui a une foi inébranlable en ce qu'il fait, jusqu'au-boutiste et franchement bras cassé. Mais quand c'est un gars qui joue son propre rôle et qui nous raconte sa quête de reconnaissance dans le milieu du cinéma à travers la réalisation de son film à lui perso, j'ai un peu l'impression de voir un narcissique qui se filme en train de se contempler dans un miroir...

 

J'ai fini par regarder "Platane" comme on regarderait un making-of de film, en cherchant les moments de "vérité vraie" derrière le masque des acteurs; les instants où Vincent Cassel est vraiment Vincent Cassel, etc... mais c'est une série et par conséquent rien n'est laissé au hasard. Dommage...

 

 

Et pour celles et ceux qui voudraient une conclusion pétillante de calembours forestiers pour "Platane" :

 

Avec "Platane", Eric scie donc la branche sur laquelle il est assis et mérite une volée de bois vert pour ce gâchis. Une série à mettre au compost du PAF car Eric tend le bâton pour se faire battre. De plus, il se plante de chêne de TV et de porte-feuille. Cependant, des idées ont germé bien qu'Eric Judor doive encore faire beaucoup d'efforts-et-stiers. Au bouleau !!!

 

(bon là, c'est vrai que trop de jeux de mots tue le jeu de mots).

 


 



 



 



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